Programme national axé sur le transgenre et les personnes indigènes : « Partageons notre sagesse »

Par Arthur Dave Miller

Ce projet en est à sa deuxième année. Nous avons réussi à aborder beaucoup de problématiques auxquels les personnes transgenres indigènes faisaient face sur une base quotidienne. Le RCAS a réussi à mobiliser la communauté des personnes transgenres indigènes dans de nombreux événements d’envergure nationale et internationale, avec laquelle il poursuit ses efforts pour mettre en œuvre des politiques qui renforceront les pratiques quotidiennes de façon à ce que les personnes transgenres indigènes ne soient pas laissées derrières, et à ce que leurs voix soient bien entendues. Nous attendons avec impatience la tenue de notre rassemblement national des personnes transgenres qui aura lieu lors de l’AGA à Calgary, en Alberta.

Traditionnellement, dans les sociétés indigènes, l’indétermination du genre d’une personne était non seulement acceptée dans la culture, mais octroyait aussi à la personne concernée un rôle particulier dans la communauté en ce qui concerne les enseignements, les rites de passage, les chants, les prières spirituelles et les divinités. Ces personnes étaient souvent des intermédiaires entre les deux genres, de même qu’entre le Monde des esprits et le monde physique.

L’expérience des personnes indigènes transgenres en matière de VIH, d’hépatite C, de co-infection et de transphobie a été abordée lors d’une série de cercles de partage à Toronto, à Montréal, à Winnipeg et à Vancouver. Un ensemble de questions servait à diriger ces cercles de partage. Le contenu des cercles de partage était enregistré, transcrit et analysé. Ils se tenaient en la présence d’une ou d’un Aîné pour offrir du soutien, et des activités culturelles précédaient les cercles de partage.

Dans le cadre de la Semaine de sensibilisation au sida chez les Autochtones, le 2 décembre 2016 a été déclaré Journée des personnes transgenres. Toronto, Winnipeg et Vancouver ont accueilli un total de trois événements à cette occasion.

Au cours de la première année du projet, plusieurs professionnels en soins de santé ont été rejoints par le biais de conférences, par exemple dans le cadre de l’AGA du RCAS, de la SSSA, de la conférence des Alliances communautaires pour la recherche en santé et celle du Ontario HIV Treatment Network. Ce projet a inclus des membres de la communauté des transgenres indigènes dans des réunions avec l’ASPC.

Du travail a également été accompli avec la mise en place d’un comité directeur, d’un moyen privé de communiquer via un groupe Facebook et avec une étude des ouvrages sur les personnes transgenres indigènes. L’analyse documentaire permettait de conclure qu’il existait un besoin évident de recherche et de collectes de données axées sur le renforcement et effectuées par et pour les personnes indigènes de genre mixte.

Le coordonnateur du programme a demandé à ce que les personnes transgenres soient présentes lors des réunions importantes, incluant l’AGA du RCAS, la réunion avec l’ASPC et la réunion de planification nationale concernant les infections transmissibles sexuellement et par le sang. Puisque ce projet est destiné à la communauté des personnes transgenres et mené par celle-ci, il permet aux personnes de genre mixte de se sentir incluses dans les décisions prises dans le cadre du travail du RCAS; elles en retirent un sentiment d’importance, au lieu d’avoir l’impression d’être considérées comme un petit sous-groupe de personnes indigènes de genre mixte.

Le comité des personnes transgenres qui fait partie de ce projet appuie la capacité du RCAS de défendre les personnes de genre mixte, puisque le RCAS peut maintenant consulter ce comité et lui demander conseil sur les problématiques entourant le transgenre. Il est primordial que le RCAS rende des comptes aux personnes transgenres, et qu’il veille à ce que la voix des personnes transgenres soit exprimée autour de la table lors de l’établissement de programmes et dans les processus décisionnels.

Ce programme a permis d’accroître le nombre de personnes transgenres accédant ou participant à la programmation du RCAS. La personne qui coordonne le programme éduque le personnel du RCAS sur l’inclusion des personnes transgenres et défend celles-ci. D’ailleurs, le nombre de personnes transgenres impliquées dans les événements du RCAS n’a jamais été aussi élevé.

L’importance de ce projet réside dans le fait qu’il reconnaît le rôle des personnes transgenres dans le travail effectué par le RCAS; ces personnes sont reconnues comme étant des leaders, et leurs opinions sont estimées. Il est vital que ce projet continue à accepter les gens rencontrés tels qu’ils sont, et qu’il travaille avec les communautés pour lever la stigmatisation entourant les personnes indigènes transgenres.

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About the Author: Brought to you by the Canadian Aboriginal AIDS Network (CAAN).

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