Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS)
Écrit par : Trevor Stratton, coordonnateur du GTIIVS

Avez-vous déjà assisté à une conférence internationale sur le sida?

Je me souviens de ma première conférence internationale sur le sida, à Toronto, en 2006. L’endroit fourmillait d’activistes, d’universitaires, de chercheurs, de médecins et de professionnels qui travaillaient fort pour la communauté.

J’étais dépassé. Désorienté, j’avais l’impression qu’il était impossible que ma seule voix d’indigène séropositif soit entendue au-dessus de ce qui semblait être un chaos.

iiwgha-1

Puis, j’ai découvert la zone de réseautage indigène dans la zone du village mondial de la Conférence internationale sur le sida 2006. J’y ai trouvé toutes mes connaissances, et elles discutaient du VIH en des termes que je pouvais comprendre. Elles m’ont écouté. J’avais l’impression d’avoir trouvé une belle place accueillante dans cette gigantesque conférence.

iiwgha-26e Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida Tissons ensemble des récits d’indigénéité et de VIH en Afrique australe Retrouvons les voix indigènes

Du 18 au 22 juillet prochain, la Conférence internationale sur le sida 2016 aura lieu à Durban, en Afrique du Sud. Le Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida, quant à lui, tiendra sa 6e Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida sous le thème Retrouvons les voix indigènes. Notre vie. Notre santé. Notre avenir à Durban, juste avant la Conférence internationale sur le sida 2016, soit les 16 et 17 juillet, au Protea Hotel Umhlanga Ridge, Umhalanga Ridge, à Durban, KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud.

Les délégués invités incluent la ministre de la Santé du Canada, madame Jane Philpott; le ministre provincial de la Santé pour le KwaZulu-Natal, Dr Sibongiseni Maxwell Dhlomo; le maire de Durban, monsieur James Nxumalo; et le directeur exécutif d’ONUSIDA, monsieur Michel Sidibé.

Notre Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida est une occasion pour les peuples indigènes de partout au monde d’échanger sur leurs pratiques sages et prometteuses, d’apprendre les uns des autres et d’établir des relations croisées d’un continent, d’une culture, d’une tradition et d’une langue à l’autre. Encore cette année, la Conférence préliminaire mettra en valeur des peuples indigènes de partout au monde, mais en particulier ceux de l’Afrique australe, pour explorer le contexte de l’indigénéité et de VIH dans leurs régions et leurs communautés.

iiwgha-3

Site web de la Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida : www.aids2016community.org/category/iiwgha

Pourquoi cette Conférence indigène préliminaire à la Conférence internationale sur le sida 2016?

Selon le rapport 2006 d’ONUSIDA, les déterminants sociaux de la santé tels que la pauvreté, la marginalisation, l’accès limité aux soins de santé, le faible taux d’alphabétisation, l’isolement géographique, l’utilisation de drogues, le manque de pouvoir politique et social, le manque de cohésion dans des rapports familiaux et communautaires, la faible estime de soi et le mauvais état de santé en général ont entraîné une surreprésentation des peuples indigènes dans l’épidémie du VIH.

Les indigènes sont souvent étiquetés comme étant « à risque » ou de nature « risquée ». Or, le facteur de risque n’est pas l’indigénéité. Ce qui rend réellement les peuples indigènes à risque, ce sont le racisme, le colonialisme, les actes de violence commis par les États-nations et les sociétés multinationales, le traumatisme intergénérationnel, et l’absence d’accès à des soins, à des traitements, et à un soutien culturellement sûrs. Notre Conférence préliminaire est un forum de partage sur les moyens de franchir ces obstacles.

En tant que pays hôte, l’Afrique du Sud joue un rôle important parce que son taux d’épidémie au VIH est, sans équivoque, le plus élevé au monde, le nombre de ses habitants vivant avec le VIH état estimé à 6,19 millions. En 2000, quand Nelson Mandela s’est adressé aux 12 000 participants de la Conférence internationale sur le sida à Durban, en Afrique du Sud, personne ne savait ce quel avenir était réservé à la lutte au sida. L’accès aux médicaments antirétroviraux sauvant des vies était très limité, et le montant dépensé par les donateurs sur des activités liées au sida représentait une fraction de ce qu’il est aujourd’hui.

Pourtant, 16 ans plus tard, notre retour à Durban s’effectue à une autre période charnière de l’épidémie. Les percées dans la prévention et le traitement du VIH nous ont amplement donné les moyens d’éradiquer l’épidémie, mais si la cadence de notre progression ne s’accélère pas, nous risquons fort de faire marche arrière sur les avancées durement acquises. Les peuples indigènes, qui sont encore surreprésentés à l’échelle mondiale, jouent un rôle essentiel pour cette progression.

Atteindre zéro

Ce n’est que par l’engagement significatif des peuples indigènes qu’ONUSIDA réalisera son objectif, atteindre zéro d’ici l’an 2030 : Zéro nouvelle infection au VIH. Zéro discrimination. Zéro décès relié au sida.

Inspirée par une progression sans précédent au cours des quelques dernières années, la communauté internationale du sida, y compris le Conseil de coordination du programme de l’ONUSIDA, s’est investie dans le projet ambitieux d’éradiquer l’épidémie du sida d’ici 2030.

Afin d’y arriver, la stratégie Accélérer, qui doit se réaliser d’ici 2020, a été adoptée. La stratégie Accélérer porte aussi le nom 90-90-90, reprenant ces trois éléments principaux de la stratégie : 90 % de toutes les des personnes vivant avec le VIH connaîtront leur statut sérologique; 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées recevront un traitement antirétroviral durable; 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral auront une charge virale durablement supprimée.

Ces cibles sont solidement établies sur une approche fondée dans des droits fondamentaux ne laissant personne derrière. Les indigènes ne veulent pas être du 10 % qui restera. Mais les peuples indigènes seront-ils le 10-10-10 qui restera de la stratégie Accélérer, ou 90-90-90?

www.iiwgha.org

Save

CAAN is currently under construction. Please check back soon for updates.