L’expérience d’être un rapporteur national des jeunes autochtones à la conférence de recherche du Réseau du traitement du VIH d’Ontario (RTVO)

par Carrie Robinson, coordinatrice nationale de la jeunesse

Carrie Robinson et Joey Dore (représentant de NAYCHA en Ontario) ont reçu des financements du  Canadian AIDS Treatment Information Exchange (CATIE) (Echange d’information sur le traitement du sida au Canada) pour participer à la conférence de recherche du RTVO à Toronto du 14 au 15 novembre 2011. Lors de la conférence ont été présentés les résultats de recherche en sciences de base et en sciences cliniques, en épidémiologie, en comportements sociaux, en prévention, en interventions et de recherche communautaire sur le VIH et le sida.

En tant que rapporteurs communautaires, Carrie et Joey devaient maintenir le contact avec l’équipe de rapporteurs communautaires grâce aux sessions de débriefing organisées chaque jour par le CATIE. Lors des sessions de débriefing, les rapporteurs ont fait des commentaires sur les aspects clés de la conférence et ont discuté sur l’élaboration de leurs rapports communautaires pour le CATIE suite à la conférence. Ainsi, à chaque session, à laquelle les rapporteurs ont assistée, ils remplissaient le questionnaire suivant :

  • Le titre de la session et les noms des intervenants ;
  • Le thème principal de la session ;
  • Les trois points clés de la session ;
  • Les enseignements importants, issus de la session, pour des personnes atteintes du VIH et des employés des organisations de services du VIH ; et
  • Les citations et les phrases importantes de la séance.

Carrie et Joey ont décidé d’effectuer le rapport sur les sujets de la conférence lié aux autochtones, aux jeunes et à la criminalisation.

Quatre sessions/présentations suivantes ont été dédiées à la recherche sur les questions autochtones en lien avec le VIH et le sida : la présentation sur la santé : art et l’exposition des femmes autochtones séropositives, la présentation sur la recherche des femmes autochtones séropositives, les risques et la résilience chez les autochtones et l’ouverture du cercle pour la recherche autochtone sur le VIH. Selon le rapport communautaire du CATIE sur la conférence de recherche du RTVO, les questions abordées étaient les suivantes :

  • L’utilisation des arts et des approches basées sur le ressourcement pour aborder les questions de santé en combinant les méthodes et les techniques autochtones afin de créer des opportunité, depuis longtemps attendues, d’autonomisation des femmes, de la consolidation communautaire et de la création des espaces sécurisés afin de soutenir les femmes autochtones séropositives à devenir des participantes autonomes de la recherche.
  • La dépression chez les autochtones séropositifs est très courante et nous avons besoin d’avoir un soutien psychologique renforcé pour cette communauté, car en dehors du problème de dépistage, d’autres problèmes de cette communauté devraient être abordés.
  • Suite au dépistage séropositif, de nombreux autochtones se tournent vers les pratiques et la médecine traditionnelles, cela pourrait permettre de (re)nouer des liens communautaires.
  • En partenariat avec l’All Nations Hope AIDS Network (Le réseau d’espoir de toutes les nations de la lute contre le sida), très prochainement l’A-Track sera mis à l’essai à Régina afin de faire un suivi du VIH, des facteurs comportementaux et sociodémographiques chez les autochtones au Canada.

La session dédiée aux jeunes avait pour titre : Elargir le focus : la narration à l’aide des media numérique en direction des jeunes. Selon le rapport communautaire du CATIE sur la conférence de recherche du RTVO, les questions suivantes ont été abordées lors de la session :

  • La création et le soutien d’un environnement sécurisé pour discuter sur les questions du VIH avec des jeunes sont importants pour la prévention.
  • La narration sur un support numérique pourrait être une voie curative dans l’expression des histoires et des expériences vécues, mais elle est difficile et nécessite un soutien adapté.
  • L’identification, l’autonomie et l’estime de soi jouent un rôle vital par rapport à l’état de santé des jeunes.
  • “Les expériences vécus devraient nous guérir et point nous hanter.”

En général, être rapporteur à la conférence du RTVO était une opportunité formidable de s’engager dans le travail sur le VIH, en tant que jeune autochtone, et a permis d’apprendre énormément des scientifiques, des universitaires et, même, des assistants-chercheurs pairs sur la recherche actuelle par rapport au VIH et aux questions connexes. Les rapporteurs ont eu un emploi du temps très dense lors des sessions de la conférence (élaboration des reportages) et après la conférence (session de débriefing).

Cependant, un des inconvénients d’être rapporteur des jeunes autochtone vient du fait d’apprendre directement des scientifiques et des professionnels de santé. Il se peut qu’il soit difficile à suivre les présentations comportant des diagrammes scientifiques complexes sur la recherche autour du VIH et des essais cliniques. L’aspect positif du fait d’apprendre directement des chercheurs en médecine vient de la possibilité de poser des questions et de rendre la recherche vivante. De manière générale, les chercheurs ont très bien expliqué les indications données par les diagrammes et leurs applications par rapport aux personnes atteintes de VIH et/ou les personnes travaillant dans le domaine du VIH.

Un étudiant en thèse a pu assister à la session de débriefing du CATIE avec l’équipe de rapporteurs pour expliquer les débats de la conférence par rapport à la recherche d’un remède contre le VIH. A titre d’exemple, notons l’existence d’un cas très rare et très intéressant d’un homme atteint du VIH (« patient de Berlin ») qui a eu également un cancer du sang, une leucémie. Lors de son traitement, il a subit une greffe de cellules souches en 2007. Le donneur avait une immunité contre le VIH et le patient a été guéri du VIH et du cancer. Les scientifiques et les chercheurs essaient de tirer un maximum d’enseignements de ce cas très rare, mais il est très difficile de reproduire les circonstances uniques et les appliquer aux autres personnes atteintes du VIH.

Pour plus d’information sur la conférence du RTVO veuillez consulter le site : www.ohtn.on.ca

Le Conseil national de la jeunesse autochtone sur le VIH et le sida et la SASS

Le 1er décembre 2011, les membres du National Aboriginal Youth Council on HIV and AIDS (NAYCHA) (Conseil national de la jeunesse autochtone sur le VIH et le sida) sont venus à Ottawa, la capitale du Canada, en Ontario pour assister à la Semaine autochtone de sensibilisation au sida (SASS). En plus de la réunion du 30 novembre pour consolider leur équipe et acquérir des compétences, les jeunes sont venus des différentes provinces et territoires pour pouvoir participer à l’évènement, en sachant que 50% de la population autochtone est âgé de moins de 25 ans. Lors de la journée mondiale du sida du 1er décembre, les membres du NAYCHA ont assisté aux évènements d’inauguration de la SASS et ont évoqué l’importance de l’encadrement pour faire face aux réalités des jeunes d’aujourd’hui.

Les taux très importants chez les jeunes autochtones de dépistages séropositifs du VIH et du sida nous rappellent la nécessité de les faire baisser. Entre 1979 et 2008, 19,3% des dépistages du sida chez les autochtones concernaient la catégorie d’âge de 15 à 29 ans. Ce chiffre peut être comparé à 14,8% pour le même groupe d’âges chez les non autochtones. Ce sont des chiffres des mises à jour des données épidémiologiques sur le VIH/sida du juillet 2010 de l’Agence de la santé publique du Canada.

Pour traiter les problèmes relatifs aux chiffres cités plus haut, la Stratégie nationale des jeunes autochtones sur le VIH et le sida (SNJAVS) a été élaborée par le NAYCHA avec la vision que tous les jeunes autochtones du Canada doivent avoir l’autonomisation, le soutien, l’espoir et le courage pour prendre la tête du mouvement de la jeunesse autochtone pour diminuer les taux d’infection par le VIH, pour promouvoir des droits à l’éducation et à la parole par rapport au VIH et au sida, pour éliminer la stigmatisation et la discrimination par rapport au VIH et au sida et pour soutenir les autochtones atteints du VIH et du sida (PAAS).

Jessica Yee, la présidente du NAYCHA et la directrice du Nation Youth Sexual Health Network (Réseau national de la santé sexuelle chez les jeunes) a souligné l’importance de l’engagement des jeunes autochtones dans la planification des projets autour du VIH et du sida :

« Le moment est arrivé pour que les jeunes soient entendus et nous espérons engager les membres du Conseil national de la jeunesse autochtones dans toutes nos activités en tant que membres représentatifs de leurs communautés, leurs provinces et leurs territoires respectifs. Je me rappelle l’enseignement de la Grande loi de la paix de Haudenosaunee qui stipule : ‘ Pour chaque délibération vous devez considérez l’impact sur sept générations’ », SNJAVS

La SASS permet d’établir les liens entre les organisations nationales autochtones, les partenaires gouvernementaux, les prestataires de soins de santé et les dirigeants communautaires afin de soutenir les changements grâce à leurs propres actions et en soutenant les actions des autres. Le NAYCHA fait partie du mouvement de la lute contre le VIH et le sida : toute la communauté doit soutenir le changement !


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