par Carrie Martin et Harvey Michele

L’événement communautaire sur le VIH et le sida chez les Autochtones, organisé par Harvey Michele et Carrie Martin, coordonnatrice de santé holistique au Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), s’est déroulé le 22 mai 2013 au Centre St-Pierre. Il s’agit d’un thème fort approprié compte tenu des impacts du VIH et du sida sur les personnes, leurs familles et leurs communautés. L’allocution inaugurale fut prononcée par Harvey Michele et on a allumé trois chandelles en hommage aux AVVS qui ont maintenant traversé dans le monde des Esprits, chandelles qui symbolisaient les trois communautés autochtones, soit les Inuits, les Métis et les Premières nations. Les chandeliers, sculptés par Rossel Bérard, représentaient respectivement un inukshuk, l’infini et une plume). L’événement, d’une durée d’une journée, a débuté par une prière récitée par l’Aînée mohawk Sedalia Fazio et un chant d’honneur chanté par Eric Cote du groupe de percussion Kentiokwakatste du Centre d’amitié autochtone de Montréal.

L’allocution principale fut prononcée par Kerrigan Beaver, venue de Toronto pour parler de changement. Elle a livré son témoignage diffusé sur YouTube portant sur le traitement antirétroviral et expliqué l’impact qu’a eu ce traitement sur sa famille et sur sa santé. Marie-Celine Charron, du FFAM, a parlé de la dynamique familiale des personnes vivants avec le VIH. Puis, Linda Girard, du Centre de développement communautaire autochtone à Montréal a fait une brève présentation dans laquelle elle a parlé de l’approche holistique pour répondre aux besoins des Autochtones vivant en milieu urbain et souligné que le nouveau centre intégrera au bien-être les dimensions liées à la santé, à la culture et autres aspects de la vie.

Anita Schoepp et Anna Aude du groupe Stella, qui œuvre auprès des travailleurs et des travailleuses du sexe, ont souligné la collaboration avec la communauté autochtone par des activités de sensibilisation, la défense des intérêts des personnes emprisonnées ainsi qu’un projet de magazine mené à la Maison Tanguay en collaboration avec Carrie Martin. Stella compte un comité consultatif autochtone dont Carrie Martin est membre.

Pascale Annoual a quant à elle parlé de ses projets et activités comme art-thérapeute au FFAM et a donné un aperçu de l’approche axée sur les arts pour la sensibilisation et la prévention du VIH. On a fait une démonstration du projet Aboriginal HIV Prevention and Awareness Dialogue Quilt, créé par des résidentes et des employées du FFAM, et on trouvait un Arbre de l’espoir sur lequel les participants étaient invités à laisser un message d’espoir personnel. Tracey Prentice et Amy McGee, du RCAS, ont parlé devant plus de 40 fournisseurs de services et membres de la communauté des projets de recherche portant sur la consommation d’alcool et l’accès aux soins, et présenté un segment diffusé sur YouTube portant sur le même thème. Cette présentation a fait ressortir le fait que les AVVS sont souvent perçus par les fournisseurs de service comme étant ivres et a mis en évidence l’importance de contrer cette perception erronée. La présentation faisait aussi état des conclusions du RCAS sur cette initiative.

Pamela Shauk, du Centre d’amitié autochtone de Montréal (CAAM), a expliqué comment les communautés inuites ont été touchées par le VIH. Pamela a travaillé au CAAM au cours des 27 dernières années et possède une grande expérience comme agente de liaison auprès des hôpitaux, en travail communautaire avec les personnes touchées par le VIH et le sida, ainsi que comme travailleuse de rue et en centre de jour. Elle est reconnue comme une spécialiste du VIH et du sida et des autres enjeux de santé qui touchent les populations autochtones vivant en milieu urbain.
Camille Alix, avocate pour l’organisme COCQ-SIDA, a abordé la question de la divulgation de la séropositivité et des enjeux juridiques qu’elle comporte. Elle a notamment expliqué comment la décision de la Cour suprême du 13 février s’applique aux communautés autochtones.

D’autres aspects des impacts du VIH/sida sur les AVVS, leurs familles et leurs communautés ont été abordés au cours de cette journée et de nombreux participants ont eu la possibilité de faire part de leur expérience personnelle. Sans ces témoignages des personnes directement ou indirectement concernées par ces questions, l’événement n’aurait pas connu autant de succès. Le partage de l’information sur Facebook et diverses alliances ont également contribué au succès de l’événement. On a sollicité l’appui de nombreuses organisations, mais aussi des familles, des personnes, des alliés et des organismes communautaires, et certains ont également fait des dons. C’est parce qu’ils savent comment le VIH/sida nous touche tous et toutes que tous ces gens ont accepté de nous appuyer. Nous leur en sommes reconnaissants.

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