Écrit par Trevor Stratton, coordonnateur du Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS)

Saviez-vous que les peuples indigènes représentent une large partie de la sous-population pauvre et marginalisée, non seulement au Canada, mais également à l’échelle mondiale? Cette vérité m’a frappé à mon arrivée ici, à Bangkok, en Thaïlande, où je participais à la 21e conférence de l’Union Internationale de Promotion de la Santé et d’Éducation pour la Santé (UIPES) organisée conjointement par l’Union Internationale de Promotion de la Santé et d’Éducation pour la Santé et la Thai Health Promotion Foundation.

Une bonne nouvelle accompagnait ce constat, cependant; l’organisme International Network of Indigenous Health Promotion Professionals (INIHPP) déploie de constants efforts pour rectifier ce déséquilibre. Ceci a eu pour effet que la voix des indigènes, cette année, a été entendue haut et fort lors de deux thèmes portant sur les indigènes dont il fut question à la conférence.

L’un des moyens qu’avaient les voix indigènes pour se faire entendre était une sous-plénière pour promouvoir la santé des Indigènes et l’atteinte d’une équité en santé par des partenariats et des engagements communautaires (intitulée Indigenous leadership in the development of health promotion: achieving health equity through partnerships and community engagement). Cet atelier incluait des présentations portant sur la promotion de la santé communautaire en réponse au haut taux d’infection au VIH chez les peuples indigènes; il y était question de compétences en promotion de la santé indigène et d’interventions communautaires pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires; les conférenciers indigènes provenaient du Canada; de l’Australie; de la Nouvelle-Zélande; du pays hôte, la Thaïlande, ainsi que d’autres nations.

Parallèlement à la conférence intitulée Sharing Success Stories in Indigenous Health Promotion (« Partageons des réussites en promotion de la santé indigène ») se déroulait, sur quatre jours, une série d’ateliers indigènes selon le principe « Fabrique d’idées ». Grâce aux emplacements généreusement fournis par l’IPES, la participation du Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS) a eu un profond impact sur la conférence.

Clive Aspin, leader maori du GTIIVS, s’est joint à moi pour ouvrir la première séance sur les maladies infectieuses en faisant une présentation orale sur l’établissement et le maintient du GTIIVS, ce qui constituait le premier des quatre ateliers pour promouvoir le développement de la santé par le leadership indigène. Cette séance consistait en présentations dont les thèmes se recoupaient faites par des médecins, des chercheurs, des défenseurs et des décideurs en promotion de la santé indigène provenant de cinq pays : l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande et les États-Unis. Dans le cadre de l’activité, les participants formaient des sous-groupes afin d’échanger des connaissances en discutant de ce qui avait fonctionné et ce qui n’avait pas fonctionné pour eux.

Deux autres occasions m’ont également été données de présenter le travail du GTIIVS. L’une consistait en une présentation orale, intitulée HIV and Indigenous Peoples: Contextualizing the Experience (« Le VIH et les peuples indigènes : mise en contexte de l’expérience »), livrée lors de la troisième séance dans le cadre des ateliers Bâtir sur des succès. Ma deuxième présentation se terminait par une question à l’intention des professionnels indigènes y participant : « Quels types d’approches à la recherche et à la collecte de données épidémiologiques sont nécessaires pour optimiser la qualité des données démontrant la vulnérabilité accrue des Indigènes au VIH et au sida? »

Le GTIIVS participait à cette conférence afin d’apprendre d’experts indigènes. Toutefois, le GTIIVS et ses leaders ont également beaucoup à offrir au monde entier. Lors d’une réunion de l’organisme récemment officialisé INIHPP, il m’a été demandé de présenter certains des succès remportés et des défis rencontrés lors de l’officialisation du GTIIVS. Les membres d’INIHPP étaient tout ouïe lorsque j’ai décrit comment les leaders avaient surmonté l’importante lacune en communication entre le nord et le sud, entre les hispanophones et les anglophones, entre des initiatives au VIH richement financées et celles ne disposant d’absolument aucune source de financement. Le néo-colonialisme a également créé des barrières qui exigent une attention constante.

On fait ce travail par plaisir. La communauté indigène internationale militant pour la santé peut apprendre beaucoup du travail du GTIIVS. Et la courbe d’apprentissage du GTIIVS grimpe en flèche, elle aussi. En honorant nos ancêtres, nos générations à venir, nos langues, nos terres, toutes nos relations et en honorant le Créateur, ensemble, nous pouvons continuer à hisser ce boulet en amont.

UIPES – L’Union Internationale de Promotion de la Santé et d’Éducation pour la Santé (UIPES), en tant qu’organisation professionnelle internationale œuvrant dans la promotion de la santé, organise des conférences mondiales sur la promotion de la santé qui constituent l’un des plus vastes événements, aux yeux des décideurs, des défenseurs, des chercheurs, des médecins et des parties intéressées des quatre coins de la planète, en ce qui concerne les occasions pour faire part de ses connaissances et échanger celles-ci et pour travailler en promotion de la santé et dans des domaines connexes.

INIHPP – Le développement, in 2009, de l’organisme International Network of Indigenous Health Promotion Professionals (INIHPP) correspondait aux résolutions indigènes antérieures de l’UIPES. Puisque les membres de l’UIPES de 2004 avaient reconnu des disparités entre la situation des peuples indigènes et les cultures dominantes là où ils résident. Dans ces résolutions de l’UIPES, le constat était également fait des besoins distincts des peuples indigènes et le besoin pour les peuples indigènes d’avoir le contrôle sur les développements les concernant. Quant à l’INIHPP, il soutient le réseau international de l’UIPES, un véhicule pour les droits des Indigènes à ses yeux.

GTIIVS — Le Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS) est le premier groupe indigène international dans son genre. L’existence du GTIIVS est vouée à établir une voix unifiée pour les peuples indigènes dans le cadre d’une action collective contre le VIH et le sida en créant des partenariats avec les gouvernements, les leaders indigènes, les institutions de recherche et les organismes de lutte au sida. Le GTIIVS se consacre à l’accroissement des connaissances et à la lutte contre la stigmatisation en ce qui concerne le VIH et le sida au sein des communautés indigènes, et soutient les initiatives de recherche indigènes et de sensibilisation. Grâce au Réseau canadien autochtone du sida, le GTIIVS reçoit un généreux financement de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuit par l’entremise du gouvernement du Canada. Nous remercions également ViiV Healthcare Canada pour l’aide financière qu’il a fournie au GTIIVS pour le volet communication, et particulièrement par son soutien en services de traduction.

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