L’assemblée générale annuelle (AGA), qui avait lieu à Toronto, a remporté un grand succès et les membres ont apprécié les activités de réseautage, la présentation des rapports annuels, les ateliers et les événements culturels. Au cours de la présente année, nous nous pencherons sur 18 résolutions. Nous tenons à remercier les membres du conseil d’administration pour l’orientation et le soutien qu’ils nous ont apportés tout au long de l’année. Ce dévouement est toujours apprécié. Quant à l’équipe, c’est-à-dire les membres du personnel, qui se consacrent à la résolution de problématiques et démontrent un profond sens de l’éthique dans leur travail, ils sont le moteur qui nous pousse à poursuivre, tous les jours, nos travaux dans ce domaine, et leur engagement ne passe jamais inaperçu. Comme vous le savez tous maintenant, l’écrasement du vol 17 de Malaysia Airlines (MH17/MAS17), qui transportait des délégués à la Conférence internationale sur le sida 2014, a assombri le déroulement de la conférence. Tous ceux qui sont arrivés à bon port se joindront certainement à moi pour en témoigner; chaque jour, au cours de la conférence, nous pensions aux êtres chers que nous avons perdus dans cette tragédie. Malgré ce drame, la Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida a remporté un succès retentissant et les peuples indigènes d’Australie nous ont accueillis à bras ouverts sur leur territoire traditionnel. Les ateliers et les présentations traitaient de sujets variés touchant les peuples indigènes, notamment la réduction des préjudices et les problématiques concernant les femmes et les filles, et la bispiritualité. Parmi les faits saillants, mentionnons également le partage culturel de divers peuples indigènes du pays. Ce moment où ont les gens ont fait démonstration de leurs riches traditions en était un de fierté et de célébration culturelles. Nous avons été émus par un Néo-Zélandais de 15 ans qui adhérait aux enseignements véhiculés à la conférence. Lorsque nous sommes repartis, sa mère nous a d’ailleurs témoigné de l’honneur et de l’humilité qu’ils avaient éprouvés du fait que nous avions pris le temps de le reconnaître lors du rassemblement. Nous avons également eu la chance de rencontrer la ministre de la Santé du Canada, Rona Ambrose, à la Conférence internationale sur le sida 2014. Elle y représentait également le RCAS, et a fait preuve d’ouverture et d’engagement à l’égard des problématiques touchant au VIH et au sida chez les Autochtones. Nous lui ferons part des développements quant aux sujets dont nous avons discuté au fur et à mesure qu’ils surviendront. À titre de leader dans le Canada et auprès des communautés indigènes internationales et des organisations qui y sont liées, le Réseau canadien autochtone du sida (RCAS) a grandement bénéficié du transfert des connaissances qui a eu lieu lors de rassemblements comme la Conférence internationale sur le sida, de forums nationaux et de réunions communautaires. Nous sommes reconnaissants au gouvernement et aux organisations nationales pour le soutien dont ils font preuve en signant divers protocoles d’entente avec des groupes autochtones nationaux tels l’Assemblée des Premières Nations, Pauktuutit Inuit Women of Canada, l’Association nationale des centres d’amitié et nos partenaires nationaux. Le Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS) s’assure que l’ensemble de ces relations et de ces partenariats travaillent de pair. Le GTIIVS facilite le travail de la direction, en ce qui concerne le réseautage avec des communautés indigènes des quatre coins du globe, dans le but de disséminer les pratiques sages et de promouvoir un transfert de connaissances qui soit culturellement adapté en ce qui concerne les facteurs de vulnérabilité qui nous rendent susceptibles de contracter le VIH et le sida. Ces facteurs de vulnérabilité incluent notamment « la pauvreté, la marginalisation, le manque de pouvoir politique et social, la détérioration des relations familiales et communautaires, l’isolement géographique, le faible taux d’alphabétisation, le mauvais état général de santé, l’accès limité à des soins de santé, l’utilisation et l’injection de drogues, la faible estime de la communauté et la faible estime de soi » (ONUSIDA 2006 pour Santé Canada, 2009). Par conséquent, les peuples indigènes sont surreprésentés dans l’épidémie du VIH, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde. Malgré cette surreprésentation, les peuples indigènes autochtones n’ont disposé que d’un nombre restreint d’occasions pour se réunir afin de s’entretenir sur leurs problématiques communes, de s’offrir un soutien mutuel et de mettre en commun de bonnes pratiques. Nous vous résumons ici la liste des problématiques soulevées par le GTIIVS, le Conseil national autochtone sur le VIH/sida (CNAVS) et le RCAS lors de la Conférence internationale sur le sida 2014.

1. Conférence préliminaire du GTIIVS

Le succès de la conférence préliminaire sur les problématiques indigènes quant au VIH réside en partie dans le leadership de diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales soutenant les peuples indigènes. Le RCAS fait partie des organisations en tête dans cette catégorie.

  • La conférence préliminaire était une présentation conjointe du RCAS et du GTIIVS, et mettait l’accent sur le partenariat coopératif soutenu entre ces deux organismes depuis 2006;
  • En tant que membres du comité de planification de la Société internationale sur le SIDA pour l’édition de juillet 2015 — dont Vancouver sera l’hôte –, le RCAS et le GTIIVS jouent un rôle vital dans l’engagement et l’inclusion des indigènes;
  • L’inclusion d’un dialogue avec d’autres ministères de la santé et peuples indigènes est essentielle pour l’obtention du soutien humain, technique et financier en vue d’un engagement auprès du GTIIVS;
  • L’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies doit intégrer un réseau puissant pour prévenir le VIH et endiguer sa propagation; les leaders de l’ONU sont encouragés à soutenir une participation indigène à tous les niveaux du développement de politiques.

2. Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS)

  • Une entente est intervenue afin que le GTIIVS maintienne son rôle de leader et de défenseur, sur le plan international et au Canada, en matière de problématiques des indigènes concernant le VIH et le sida;
  • Le GTIIVS poursuivra ses travaux en proche collaboration avec des organismes gouvernementaux en vue de s’assurer que la voix indigène soit entendue et qu’on réponde aux besoins individuels et communautaires;
  • Nous continuerons à promouvoir les partenariats et les collaborations et à encourager les gouvernements dont la population est indigène à établir ces minorités comme groupes clés dans la lutte au VIH (systèmes de calcul et de financement en épidémiologie);
  • Le GTIIVS nécessite un soutien financier continu pour disséminer son approche holistique auprès d’organismes internationaux à travers le prisme du VIH.

3. Conférence internationale sur le sida 2014

Le GTIIVS a travaillé sans relâche pour que les problématiques indigènes soient intégrées à la conférence, mais son succès a été mitigé. Par exemple, aucune référence n’a été faite aux problématiques indigènes en matière de VIH lors de l’ouverture et dans la première piste de la séance préliminaire. Pourtant, il s’agit d’une problématique essentielle pour prévenir et diminuer la propagation de l’infection, puisque les peuples indigènes constituent un groupe important affecté par celle-ci. L’intégration du GTIIVS dans le Global Village a fait augmenter les occasions de réseautage et de mise en valeur des travaux exécutés au Canada.

4. Conseil national autochtone sur le VIH/sida (CNAVS)

Le RCAS est également membre du Conseil national autochtone sur le VIH/sida (CNAVS), lequel conseille le gouvernement fédéral en matière de politiques concernant les problématiques du VIH et du sida chez les Autochtones. Il travaille de concert avec le CNAVS, avec qui il a des membres communs, ce qui assure une cohésion quant aux actions, et une délimitation claire quant aux rôles et aux relations de chacun. Figuraient parmi les suggestions la pratique du traitement comme moyen de prévention (Treatment as Prevention, ou TasP) et une requête pour l’augmentation du nombre de consultations autochtones et la liberté dans la dissémination d’informations et de résultats. Par ailleurs, les suggestions suivantes ont été apportées :

  • Une augmentation du soutien quant aux problématiques touchant les femmes et les filles qui, en raison de facteurs démographiques, sont vulnérables et exposées à une stigmatisation systémique, d’où l’augmentation du risque;
  • L’adhésion à un modèle holistique à travers le prisme du VIH;
  • La dissémination conjointe d’un message encourageant un comportement futé et de clips vidéo véhiculant des témoignages de stigmatisation et de discrimination;
  • L’exploration de la répercussion d’extraction de ressources sur la santé;
  • Le développement d’un plan stratégique pour lutter contre le nombre élevé d’infections qui touche les populations autochtones de la Saskatchewan.

5. Organisation des Nations Unies

En janvier 2014, le leader maori et coprésident du sous-comité de recherche du GTIIVS, Dr Clive Aspin, a présenté, au nom du GTIIVS, les clauses 21, 22 (1), 23 et 24 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dans le cadre des rencontres d’experts sur les droits en matière de santé sexuelle et de reproduction de l’ONU. Son discours traitait des problématiques touchant les peuples indigènes en matière de VIH, de santé globale et du patrimoine laissé par une politique coloniale. L’initiative d’un rassemblement du groupe d’experts découlait directement d’une déclaration commune soumise par les représentants du GTIIVS dans le cadre de leur participation à l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, en mai 2013. Le Native Youth Sexual Health Network (NYSHN) et le GTIIVS se sont unis, lors de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, pour tenir un événement parallèle traitant du VIH et de la santé sexuelle et comportant un volet particulier consacré aux problématiques touchant les jeunes. Le GTIIVS et le NYSHN ont encouragé les délégués à aborder les problématiques du VIH chez les indigènes. Leur engagement à l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies a aidé le GTIIVS à baser son travail sur les connaissances indigènes, les concepts indigènes en matière de santé et les pratiques sages indigènes. Ken Clement, du Canada; Elisa Canqui, de la Bolivie; et Michael Costello, de l’Australie; ont agi à titre de leaders du GTIIVS, rehaussant la visibilité du VIH et du sida auprès de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies.

  • Il a été question d’augmenter l’accent mis sur les problématiques que vivent les femmes et les jeunes;
  • Le RCAS poursuivra son rôle de secrétaire dans le soutien des travaux internationaux auprès des peuples indigènes;
  • Un plan d’entreprise où le GTIIVS pourrait agir comme organisation non gouvernementale indépendante a été présenté; on note toutefois que celui-ci nécessite d’abord des travaux de démarrage;
  • ONUSIDA : Le GTIIVS prépare un plan d’entreprise où il est proposé qu’ONUSIDA crée 3 postes pour traiter de politiques indigènes dans le domaine du leadership, de la communauté et des sciences, un choix inspiré des trois domaines qui sont ressortis comme cruciaux aux conférences internationales sur le sida.

6. 21e Conférence mondiale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé de l’UIPES

Du 25 au 29 août 2013, la Conférence mondiale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé de l’UIPES et la Thai Health Promotion Foundation (ThaiHealth) ont été les hôtes de la 21e Conférence mondiale de promotion de la santé et d’éducation pour la santé de l’UIPES à Pattaya, en Thaïlande. Le GTIIVS y était. Le Dr Aspin, chercheur universitaire en indigénisme à Bullana, le Poche Centre for Indigenous Health de l’Université de Sydney, en Australie, a de nouveau fait une présentation lors de cette conférence. Ce forum visait à bonifier le développement de l’équité et de la justice sociale aux quatre coins du globe en offrant une plateforme commune pour ouvrir le dialogue sur les meilleurs investissements en santé entre les participants de divers secteurs de partout au monde. La sous-plénière indigène, intitulée Indigenous Leadership in the Development of Health Promotion: Achieving Health Equity Through Partnerships and Community Engagement (Leadership indigène dans le développement de la promotion de la santé : Atteindre une équité sanitaire par des partenariats et un engagement communautaire) incluait des présentations sur la promotion de la santé communautaire pour répondre au taux élevé d’infections au VIH chez les peuples indigènes; les compétences pour promouvoir la santé des indigènes, et les interventions communautaires pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires. Les conférenciers provenaient du Canada, du pays d’accueil, de la Thaïlande, et d’autres nations.

7. Réduction des risques

Des clarifications ont été apportées sur la suggestion que les communautés sur les réserves aient du matériel pour l’injection sécuritaire, car cela ne fait pas partie des pratiques courantes, et semble en contradiction avec la politique. Nous savons que nous accomplissons de grands progrès dans la sensibilisation sur les diverses tendances, auprès des organisations gouvernementales et de la santé, quant aux modes d’infection chez les communautés indigènes et au besoin d’y répondre selon des approches culturellement adaptées, ce qui augmentera de beaucoup l’efficacité d’une approche auprès des personnes sévèrement affectées. Le RCAS agissait comme entité d’encadrement au niveau des politiques, s’assurant qu’il n’y avait aucun dédoublement entre leurs réponses et celles des divers groupes indigènes et qu’elles fournissaient aux communautés autochtones de partout au Canada du matériel éducatif et de la formation adaptés culturellement. Il a été reconnu sur le plan international pour son efficacité à élever le GTIIVS au cran supérieur, et tient à poursuivre en ce sens. Le mandat d’importance qu’est celui du RCAS survient à une période où la prévention et le traitement du VIH et du sida sont essentiels. Certes, il existe une quantité de facteurs contribuant à la propagation de ces infections au sein des communautés indigènes, mais nous avons atteint un point crucial dans la recherche de solutions. L’inclusion des voix et des perspectives indigènes par le RCAS et le GTIIVS est intégrale dans la résolution de cette problématique de santé d’envergure. Au terme d’un été riche en événements et en réseautage, nous entamons avec enthousiasme les préparatifs de planification de la Semaine nationale de sensibilisation au sida chez les Autochtones. Comme toujours, vous pouvez visiter notre site Web, www.caan.ca, afin de rester au fait des nouvelles ressources et des événements qui se préparent. En toute solidarité, Ken Clement, PDG

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