Par Bryan Sparrow

Du 16 au 19 juillet, j’ai travaillé derrière un kiosque pour représenter le RCAS à la 33e assemblée générale annuelle des Premières Nations. Il s’agit de la quatrième année consécutive que je travaille derrière le kiosque d’information de notre organisation, et j’étais particulièrement enthousiaste au fait que la conférence de cet été se tiendrait à Toronto, cette ville que j’appelle maintenant mon chez?moi huit mois par année.

À cette occasion, il m’a été permis de vivre deux primeurs : vivre sous le climat estival chaud et humide de Toronto et, surtout, m’aventurer seul pour aller représenter le RCAS.

Au cours des deux dernières années, j’avais travaillé derrière mon bureau, à Vancouver, où j’entendais mes amis gémir et se plaindre de la chaleur et l’humidité qui frappent l’est du Canada chaque été. Or, dès que j’ai posé le pied à l’extérieur de l’aéroport de Toronto, j’ai compris exactement ce qu’ils voulaient dire. La température, qui atteignait et dépassait même les 40 degrés, m’a permis d’apprécier à sa juste valeur l’oasis souterraine climatisée du centre des congrès de Toronto métropolitain pendant trois jours.

C’est ainsi que, assis derrière le kiosque du RCAS, j’ai amélioré ma vision de la relation entre le VIH et les jeunes. Contrairement aux années précédentes, je n’étais pas accompagné par d’autres membres du RCAS. Et malgré le fait que j’ai eu une aide précieuse de l’organisation locale 2-Spirited People of the 1st Nations, c’est lorsque j’étais assis seul que j’arrivais à communiquer d’égal à égal avec les jeunes qui visitaient mon kiosque lors de l’assemblée générale annuelle.

Moi?même âgé de 20 ans, j’ai remarqué que davantage de jeunes hommes et femmes s’arrêtaient à notre table pour y prendre ce que nous leur offrions, qu’il s’agisse d’une affiche, d’un CD ou d’une poignée de condoms, lorsque mes collègues plus âgés n’étaient pas dans les environs. Le fait de voir quelqu’un dont l’âge se rapprochait du leur semblait les mettre à l’aise lorsqu’il s’agissait de poser des questions ou de s’informer des ressources existantes.

Étant donné que j’en suis à mon quatrième été de travail auprès du RCAS, c’est pratiquement devenu pour moi une seconde nature de parler du VIH et de maladies transmissibles avec mes aînés, et il m’arrive souvent d’oublier que toutes les personnes ne sont pas aussi à l’aise ou confiantes lorsqu’il s’agit d’exprimer ses idées sur ces sujets. Il faut vraiment que s’opère un changement chez les jeunes d’aujourd’hui.

Comme j’ai fréquenté des écoles privées et catholiques, mes enseignants n’ont abordé ni les bases de la santé sexuelle ni les infections transmissibles sexuellement; ainsi, certains de mes collègues de classe ont dû découvrir par eux?mêmes ce qu’ils devaient faire et ne pas faire. J’ai terminé mes études secondaires depuis maintenant presque trois ans, mais mon expérience confirme que la méthode d’enseignement prônant l’abstinence comme seul moyen est inefficace.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, entre 1979 et 2008, 19,3 % des cas de sida rapportés chez les peuples autochtones concernaient des personnes âgées de 15 à 29 ans. Si nous voulons voir diminuer le nombre d’infections chez les jeunes, il faut que tous se mettent au diapason et portent le même message de conscientisation et de vision entre pairs.

Ce sont les raisons pour lesquelles je suis convaincu que le Conseil national autochtone de la jeunesse contre le VIH/Sida est un outil inestimable pour toute organisation en lien avec la santé. Si ce que j’ai relevé lors de ma présence à l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations est exact, il nous faut davantage de campagnes conçues pour les jeunes et par les jeunes. Je suis sûr que si un nombre suffisant de jeunes adultes se positionnent contre le VIH, nous constaterons une diminution du nombre d’infections et une augmentation du degré de sensibilisation de la communauté et une amélioration de la qualité des échanges à ce propos.

Maintenant que l’été tire à sa fin, mon rôle de stagiaire dans les bureaux du RCAS achève, mais cela ne signifie pas que je cesserai de promouvoir le travail de cette organisation pour autant!

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