par Trevor Stratton, consultant et coordonnateur du GTAIVS – www.iiwgha.com

Il n’est pas facile de faire entendre sa voix aux Nations Unies, particulièrement pour les communautés autochtones.

Suite aux représentations des peuples autochtones pour que soit créée une instance permanente de haut niveau pour les représenter, les Nations Unies ont créé l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones.

Cela dit, il existe de nombreux enjeux importants et il n’est pas possible de faire en sorte que chacun de ces enjeux reçoive la même attention dans le rapport officiel. Voilà pourquoi trois des représentants du Groupe de travail autochtone international sur le VIH/sida ont travaillé de concert pour que le VIH soit au programme de la rencontre de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, qui s’est déroulée du 20 au 31 mai dernier.

« Voilà une excellente occasion pour les peuples autochtones d’élaborer pour leurs communautés une vision commune sur la problématique du VIH et du sida. De plus, les communautés peuvent profiter de cette occasion pour partager leurs réussites et développer des approches culturellement pertinentes pour contrer cette épidémie, » a souligné Ken Clement, coprésident du groupe de travail, qui était présent à la rencontre de l’Instance permanente.

Elisa Canqui, représentante de la Bolivie au Groupe de travail et ex-coprésidente de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, et Williams Morales, représentant du Chili auprès du Groupe de travail international, étaient également présents, tout comme des représentants d’organisations autochtones, des organisations non gouvernementales (ONG), des organisations relevant des Nations Unies, des organisateurs et des représentants gouvernementaux et des membres de l’Instance provenant de toutes les régions du monde.

L’Instance permanente donne au groupe de travail international l’occasion de traiter des enjeux relatifs au VIH et au sida dans un contexte autochtone mondial à un moment où cet enjeu est peu visible, et d’établir des liens solides avec des intervenants clés de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones et du Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones.

Cette année, le dynamique Native Youth Sexual Health Network (NYSHN) et le Groupe de travail autochtone international sur le VIH/sida se sont regroupés et se sont inscrits sur la liste des participants désireux d’intervenir publiquement, en vue de faire une déclaration commune sur le VIH, la santé sexuelle et la santé de la reproduction. Malheureusement, notre porte-parole n’a pas été invité à lire publiquement cette déclaration.

Dès lors, cette déclaration ne figurera pas au rapport final de la rencontre et il n’y aura donc pas de suite à celle-ci. Seules les recommandations qui apparaissent au rapport final sont susceptibles d’être discutées dans les réseaux autochtones internationaux et de faire l’objet de partenariats.

C’est la façon de procéder à l’Instance permanente.

Travailler ensemble : La réponse des peuples autochtones en matière de VIH, de sida et de santé sexuelle

Le 23 mai 2013, le GTAIVS et le NYSHN ont été les hôtes d’un événement parallèle à l’Instance permanente intitulé Travailler ensemble : la réponse des peuples autochtones en matière de VIH, de sida et de santé sexuelle, qui a eu lieu de 14 h à 18 h à la Maison de l’Unicef du Danny Kaye Visitors Center.

Les délégués de l’Instance permanente, de même que des représentants locaux de New York ont été invités à rencontrer des leaders autochtones du GTAIVS pour discuter de réseautage et de stratégies. Ces discussions ont permis à tous de comprendre comment les peuples autochtones abordent les questions reliées à la santé sexuelle et au VIH dans le contexte des droits de la personne.

L’événement fut fort agréable. Des hors-d’œuvre et des rafraîchissements ont été servis et on avait prévu un service de traduction simultanée en anglais et en espagnol.

Cet événement s’ajoutait à d’autres qui ont permis de redire l’importance des enjeux liés aux VIH/sida au sein des communautés autochtones.

Par le réseautage, les discussions avec les décideurs, la tenue d’événements parallèles, les propositions d’énoncés et de recommandations, le développement de partenariats, la diffusion de messages importants et la participation à divers forums, le GTAIVS peut faire une différence.

Plan stratégique international sur le VIH/sida pour les peuples et collectivités autochtones de 2011 à 2017

En continuant à centrer son action sur le Plan stratégique international sur le VIH/sida pour les peuples et collectivités autochtones de 2011 à 2017, le GTAIVS poursuit l’atteinte de ses objectifs. Après avoir élaboré sa propre stratégie en matière de recherche, le GTAIVS développera les outils pour soutenir les actions entreprises par l’Instance permanente et ses membres.

Tout n’a pas été facile pour le GTAIVS lors de la rencontre de l’Instance permanente. Si les questions relatives au VIH et à la santé sexuelle furent maintes fois soulevées dans les propositions d’énoncés soumises par les divers groupes, cet enjeu n’a pas été retenu dans les recommandations finales.

L’Instance permanente constitue pour le GTAIVS le forum idéal pour constituer de façon formelle ou informelle des réseaux et développer des relations avec les coprésidents de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, ses membres, ses organisateurs, les ONG, les représentants des gouvernements et les organisations autochtones.

Les interventions du GTAIVS ont constitué l’activité principale des préconférences internationales pour les peuples autochtones, qui ont eu lieu tout juste avant les conférences internationales sur le sida. Quel bonheur ce fut de constater que la problématique du VIH et du sida en milieu autochtone était un élément central des discussions. C’est également ce qui se produira en Australie lors de la conférence sur le Sida 2014 et la préconférence pour les peuples autochtones.

Lors de la rencontre de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, il semble que les questions relatives au VIH et au sida et les enjeux connexes comme la santé sexuelle, la consommation de drogues et la toxicomanie n’ont pas sur retenir toute l’attention souhaitée.

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