Rencontre d’un groupe d’experts sur les droits en matière de santé sexuelle et de reproduction

Combien faut-il d’Indigènes pour faire changer le monde?

Du 17 au 19 janvier 2014, sept experts indigènes ont participé la rencontre d’un regroupement d’experts sur les droits en matière de santé sexuelle et de reproduction qui se tenait au siège de l’ONU, à New York. L’un de ces experts était le Dr Clive Aspin, leader représentant les Maoris auprès du GTIIVS, qui s’est adressé aux délégués de ce rassemblement sur le VIH et les peuples indigènes.

De gauche à droite : Rapporteur spécial sur les droits des peuples indigènes, Jim Anaya, également président du Mécanisme d’Experts sur les droits des peuples autochtones; Wilton Littlechild, membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies; Ed John.

Dr Aspin était en bonne compagnie. En effet, Jim Anaya, rapporteur spécial sur les droits des peuples indigènes et président du Mécanisme d’Experts sur les droits des peuples autochtones; Wilton Littlechild, membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies et Ed John comptaient aussi parmi les participants.

La tenue de cette rencontre regroupant des experts aux Nations Unies découlait de recommandations formulées lors de la 12e séance de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, en mai 2013, à laquelle une délégation du GTIIVS participait également.

À cette réunion d’experts, Dr Clive Aspin a abordé les démarches entreprises par le GTIIVS pour augmenter la visibilité de l’impact du VIH et du sida dans les communautés indigènes à l’échelle internationale. Son article, intitulé HIV/AIDS and Sexually Transmitted Infections (« Le VIH, le sida et les infections transmissibles sexuellement »), décrivait le manque de confiance des indigènes envers les services de santé et soulignait les forces et les facteurs indigènes contribuant à la vulnérabilité de ce peuple au VIH. Clive a insisté sur l’obstacle que constituait la cueillette de données en lien avec le VIH, un véritable défi.

Dr Clive Aspin accorde une entrevue à UN Multimedia

La stigmatisation

Clive a rappelé aux experts la détresse vécue durant les années 1980, alors que le monde s’efforçait à comprendre le VIH. Il leur a remémoré la stigmatisation associée au VIH et comment le sida était décrit par les médias comme étant la maladie des homosexuels, des héroïnomanes, des hémophiles et des Haïtiens. À New York, particulièrement, des centaines de manifestants ont été arrêtés, à cette époque, alors qu’ils militaient pour davantage d’investissements dans la lutte contre le sida.

L’arrivée, en 1996, de la thérapie antirétrovirale combinée a apporté plusieurs changements. Plutôt que de contaminer le monde entier, la contagion de la maladie s’est marginalisée chez des populations qui ont peu de contrôle sur leur état de santé. Clive a rappelé le déséquilibre actuel entre les données concernant le VIH chez les Autochtones et celles concernant le reste de la population.

Selon lui, il faut que l’on fasse connaître le nombre d’indigènes vivant avec le VIH dans divers pays, et que des interventions locales et adaptées à ces populations soient entreprises pour lutter contre le VIH.

Harlan Pruden, le représentant étasunien du Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida (GTIIVS), ainsi que José Yac, son homologue guatémaltèque, assistaient également à la rencontre. Ils soutenaient les propos du Dr Clive Aspin concernant l’incidence du VIH sur les personnes bispirituelles et transsexuelles et la nécessité d’adapter les meilleures pratiques au contexte indigène.

José Yac (à gauche), leader GTIIVS pour le Guatemala

D’autres experts ont traité de l’approche interculturelle sur la santé sexuelle et reproductive, des pratiques nuisibles, de l’égalité des sexes, de discrimination, de violence, de santé maternelle, de planification familiale, de sexualité, de tabous culturels et d’éducation.

Participaient aussi à la rencontre des représentants du Native Youth Sexual Health Network ainsi que ceux de nombreuses autres organisations non gouvernementales, de même que des agents de programme du Fonds des Nations Unies pour la population et du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). Il était agréable de voir l’ONUSIDA collaborer avec l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies.

Le rapport issu de la réunion du Groupe d’experts internationaux sur les droits sexuels et procréatifs sera communiqué à l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies en mai 2014. Parmi les projets d’avis du rapport, cinq sont spécifiquement liés au VIH et proviennent directement du Plan stratégique international sur le VIH/sida pour les peuples et collectivités autochtones de 2011 à 2017.

20e Conférence internationale sur le sida et Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida 2014

Recherchez la zone de réseautage des peuples indigènes du Groupe de travail indigène international sur le VIH et le sida dans le Global village lors de la Conférence internationale sur le sida 2014, qui aura lieu à Melbourne (Australie), du 20 au 25 juillet 2014. Mais ne restez pas là! Nous participerons également aux présentations scientifiques.

Cette année, le GTIIVS co-présente la 5e Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida avec les présentateurs locaux, le Comité organisateur des autochtones australiens et des insulaires du détroit de Torres à Sydney (et non Melbourne), en Australie, du 17 au 19 juillet 2014. Nous travaillons avec ferveur pour vous présenter la meilleure conférence préliminaire indigène de tous les temps!

Ça prendra tous les Indigènes, qui travailleront main dans la main, pour changer le monde.


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Notre histoire, notre époque, notre avenir

Conférence préliminaire indigène internationale sur le VIH et le sida 2014

Du 17 au 19 juillet 2014 ● Sydney ● Australie

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